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Une Église à la prison

mardi 9 décembre 2008

L’actualité récente a révélé un réel malaise dans les prisons : surpopulation, suicides, colère du personnel pénitentiaire… C’est vrai, mais la prison ce n’est pas que cela. Qu’en sait-on au juste ?

Oui, la prison, ça existe, et près de chez nous

Au Puy, il y a une Maison d’Arrêt. Elle accueille uniquement des hommes, en attente de jugement ou condamnés à de courtes peines. Sa capacité d’accueil est de 35 places, mais ils sont régulièrement soixante-cinq voire soixante-dix.

La prison est un lieu de souffrance

- Parce que vivre un temps en prison, c’est dur et le plus souvent, ça démolit. En prison, tout est violence, tout fait violence…
- Parce que la plupart du temps, c’est après un chemin de galère qu’on y arrive, et l’incarcération aggrave généralement les problèmes existants…
- Parce qu’on se sent seul en prison, même si l’on souffre de la promiscuité…
- Parce qu’on y est privé de l’affection des siens, et que tout y prend une dimension disproportionnée : une réprimande ou un contretemps peuvent être dramatiques, mais une marque d’amitié ou de confiance peut faire énormément de bien…

Une Église en prison existe

À la suite de Saint Vincent de Paul, premier aumônier des prisons, des chrétiens se mobilisent de différentes façons pour agir. Au Puy, chaque samedi matin, quelques personnes se réunissent à la prison, avec les détenus qui le souhaitent, pour lire la Parole de Dieu… en plusieurs langues ! et célébrer l’Eucharistie. Parce que c’est la mission de tout chrétien de se mettre au service des plus petits et des plus pauvres, ces personnes ont répondu à l’appel qui leur a été adressé et ont constitué des équipes liturgiques autour de l’équipe d’aumônerie. Leur présence auprès des détenus signifie que l’Église à la prison fait partie de l’Église diocésaine et de l’Église universelle.

Pourquoi cet engagement ?

Il ne s’agit pas de nier les actes et les faits et d’oublier les victimes. C’est le rôle de la justice : faire droit à la victime, la reconnaître comme telle et la restaurer dans sa dignité blessée. Nous, chrétiens, nous sommes appelés à aller plus loin. Nous savons que jamais un homme ne doit être réduit à ses actes : Aucun de vos actes ne peut vous enlever votre dignité d’enfant de Dieu. » a dit Jean-Paul II. Les uns et les autres, nous dépendons tous de la même miséricorde. Le premier au paradis n’était-il pas un bandit, un bandit repenti ?

Cet engagement suscite parfois quelques interrogations : « Qu’est-ce que tu vas faire à la prison ? » ou encore « Pourquoi t’intéresses-tu à ces gens-là ? »

« Ces gens-là » ne sont pas loin de nous. Il y a en prison toutes sortes de gens, des jeunes paumés et sans repères, mais aussi des gens très cultivés qui ont eu un accident de parcours, des personnes désabusées et indifférentes, mais aussi des chrétiens : il suffit parfois de peu pour qu’une vie bascule !

Un chemin est possible. Un des rôles de l’aumônier est d’aider celui qu’il rencontre à sortir du poids de sa faute pour se reconstruire. Il est là pour offrir le pardon de Dieu, rendre possible un chemin de libération, accueillir tout désir de retour sur sa vie… Beaucoup plus de détenus qu’on ne croit prient en prison, et ce n’est pas facile ! Ils s’exposent aux critiques des autres, à des moqueries... Mais ici, comme à l’extérieur, la Parole de Dieu est active.

PAROLE DE DÉTENU
Un samedi à l’aumônerie, après avoir lu les textes du jour, un petit partage suit pour donner quelques explications. Dans la première lecture, tirée du livre des Rois au chapitre 19, Élie avait reconnu le Seigneur dans la brise légère, alors qu’Il n’était ni dans l’ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu...
Ces textes amènent à parler des peurs qui nous habitent. Un des détenus dit alors : « Ma peur, c’est de ne pas entendre la brise légère ! »

Il n’y a pas que les détenus qui reçoivent de ces rencontres hebdomadaires.

Les membres de l’aumônerie et des équipes liturgiques en témoignent : - J’ai découvert que la prison est un lieu privilégié pour rencontrer Dieu...
- J’ai touché du doigt que Jésus est venu d’abord pour les petits...
- Le langage simple et imagé pour commenter la Parole et la sobriété de la célébration me ramènent à l’essentiel...
- Je suis touchée par la fidélité de ceux qui participent à la célébration, alors qu’ils s’exposent aux moqueries ou qu’ils sont parfois bloqués par la barrière de la langue...
- Au moment de l’action de grâce, le silence est si profond que je me sens vraiment en communion avec tous les chrétiens, de l’intérieur et de l’extérieur.
- Des passages de la Bible prennent un éclairage nouveau : des mots sur lesquels on ne s’arrêtait plus se chargent de sens...

Au moment où nous sommes sensibilisés sur cette réalité des prisons, ouvrons nos cœurs et écoutons Jésus. Il nous a laissé deux commandements, mais quels commandements ! Aimer Dieu et aimer son prochain, ils sont semblables et de même importance.

Aimer les autres, tous les autres.

En somme, il suffit d’aimer, et quand l’autre est aimé en vérité, Dieu est rencontré : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Les détenus ont besoin de ne pas être oubliés,
ils ont aussi besoin de notre prière. L’équipe d’aumônerie de la prison



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