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Vœux 2009

lundi 12 janvier 2009

La tradition a été respecté : les prêtres du diocèse, représenté par les membres du Conseil épiscopal et les prêtres responsables de secteurs ont présenté leur vœux à Mgr Brincard. Dans notre diocèse, c’est un prêtre qui prend la parole pour ces vœux et pour faire un petit tour d’horizon de la vie du diocèse. En 2009, cette tâche a incombée au Père Louis Trincal, responsable de la formation.

Monseigneur et vous tous qui êtes là aujourd’hui pour cette cérémonie protocolaire des vœux, « je vous souhaite une bonne année 2009 ! »

Qui suis-je pour prendre la parole devant une assemblée aussi remarquable ? Comme on disait du temps de ma jeunesse : « tu parles d’où ? » La parole m’a été donnée tout simplement au titre de membre du conseil épiscopal qui n’a pas encore satisfait à la tradition et prêtre du diocèse du Puy. J’en fais l’usage qui me semble bon.

Des préoccupations

Est-il raisonnable de vous souhaiter bonne année ? Peut-on raisonnablement émettre des vœux autres que des « vœux pieux » dans les circonstances présentes ? Un certain nombre de données sont là qui retiennent notre attention, qui nous préoccupent et obscurcissent notre horizon. Cette sélection est la mienne, à partir de ce que je vis au jour le jour. Peut-être vous y reconnaîtrez vous un peu ?

Notre presbyterium a été cette année bien éprouvé par les décès, la maladie, les difficultés de tous ordres. Bien des confrères tournent en sur-régime. Le ministère devient de plus en plus organisationnel et le contact direct, simple, quotidien avec nos gens semble moins facile notamment avec les jeunes générations. Certains angoissent pour « la fin de parcours ».

La présence et l’activité pastorale des consacrés, si importante dans les communautés paroissiales diminue d’année en année. C’est le cas de Riotord (une paroisse), du Centre Saint George (un accueil), de Saint Louis (une école).

La vitalité de nos communautés chrétiennes est mise à rude épreuve.

Le regroupement des paroisses donne parfois le sentiment aux petites communautés d’être abandonnées au profit des centres, d’être « desservies ».

La désertification en zone rurale fait qu’on se retrouve entre vieux. Les jeunes partent chercher ailleurs le travail qui n’existe pas en proximité ; le pays se meurt.

Les structures de vie paroissiale qui assuraient la vie chrétienne peinent à se maintenir et encore plus à se renouveler. Les responsables en place tiennent encore mais pour combien de temps ?

La pastorale des milieux de vie connaît des difficultés.

Les enfants catéchisés sont de moins en moins nombreux, ici ou là ; on constate un taux d’abandon élevé après la première communion.

La pastorale des jeunes lycéens et étudiants connaît des graves difficultés.

Les services diocésains eux-mêmes connaissent les uns après les autres des moments délicats ou difficiles.

Un contexte difficile

Si l’on élargit le regard, on constate que la situation économique et sociale dans le diocèse n’est pas brillante : Même sans la crise, l’agriculture, l’artisanat, le petit commerce souffrent ; L’industrie locale a du mal à vivre et, à défaut d’embaucher, à maintenir l’emploi.

Les services publics et l’administration qui étaient pourvoyeurs de nombreux emplois profitent des départs en retraite pour réduire les effectifs et les regrouper. Le tourisme, malgré des efforts importants et des atouts sérieux peine à se développer.

Bref, la situation dans laquelle nous vivons avec nos diocésains n’est pas de nature à nous procurer l’euphorie, à moins que nous n’ayons recours à des produits illicites qui ne nous ouvriraient les portes de paradis artificiels.

Des signes d’espérance

Cependant, c’est dans cette conjoncture, dans cette situation que le Seigneur nous appelle à vivre cette nouvelle année. Les constats nous tournent vers le passé. Le Seigneur nous appelle à l’avenir qu’il ouvre devant nous et, dès lors, les constats deviennent des défis à relever. Comme nous l’a rappelé avec vigueur et insistance Ecclésia 2007 : Dieu est présent à ce monde et il l’aime ; il y agit déjà et il nous invite à participer à son oeuvre.

Pour nous encourager il nous donne des signes d’espérance ; j’en relève quelques-uns.

La vie et le ministère des prêtres

Les popotes permettent en de nombreux lieux de briser la solitude ; des prêtres prient ensemble une partie de l’Office ; des groupes de spiritualité fonctionnent. L’embauche d’une assistante sociale est en route ; un soutien pour les affaires personnelles va se mettre en place. Pour la fin de parcours, la maison de Nazareth va apporter un plus. La formation à une meilleure collaboration entre prêtres et laïcs a commencé, timidement. Les rencontres diocésaine et provinciale entre prêtres ont permis de resserrer et parfois de créer des liens fraternels.

Les ensembles paroissiaux

Çà avance lentement, espérons que ce soit sûrement ; en tout cas, c’est une réalité qui s’affirme. Des laïcs sont appelés à participer davantage et à y assumer des responsabilités dans les conseils pastoraux, les équipes de baptême, les équipes d’accompagnement des familles en deuil. La plupart des ensembles paroissiaux ont maintenant des animatrices laïques en pastorale. Beaucoup de ces gens à des degrés divers, acceptent de se former pour mieux servir, çà n’est pas rien. Des collaborations se créent au niveau des ensembles paroissiaux et des secteurs.

Les jeunes

Au-delà des préoccupations il existe un effort missionnaire très important pour rejoindre les jeunes familles, pour développer l’éveil à la foi. L’Action Catholique des Enfants en quelques lieux reprend vigueur. Un dévouement admirable des catéchistes, notamment pour la préparation à la première communion.

Un développement des propositions pastorales pour les collégiens, en particulier pour la confirmation. N’oublions pas le pèlerinage diocésain à Lourdes qui a été un temps fort de vie chrétienne pour de nombreux enfants du primaire et une forte délégation de jeunes de collège.

L’enseignement catholique met en place la « culture chrétienne » et s’apprête à améliorer l’éducation affective et sexuelle.

Un groupe dit de « jeunes professionnels » fonctionne pour des jeunes de 18 plus de 30 ans. Un autre groupe dit de « Saint Régis » offre à des jeunes du même âge un lieu de réflexion pour un avenir éventuellement vocationnel.

Les adultes

La pastorale de la santé est bien vivante en de nombreux lieux ; le service évangélique des malades fait un travail admirable.

Le Mouvement Chrétien des Retraités mobilise des effectifs importants et fait preuve de dynamisme.

L’apostolat des laïcs a réussi une belle journée de rencontre le 28 juin dernier et s’est doté d’un conseil. Les mouvements ne comptent plus les gros bataillons d’antan, c’est vrai mais ils continuent à être sel de la terre et du bon sel.

Dans la foulée d’Ecclésia, des groupes se sont mis à partager la Parole de Dieu en lisant ensemble l’évangile de Mathieu ; cette année, çà repart avec la découverte de Saint Paul.

Services diocésains

Toute l’équipe de gestion des affaires économiques fait preuve d’une compétence et d’une efficacité appréciées. La maison diocésaine est toujours ouverte et accueillante pour des activités pastorales.

Des voeux

Bref, que conclure Monseigneur ? Que vous aurez une année bien tranquille, sans trop de soucis ? Sans être prophète, il ne me paraît pas crédible de vous souhaiter à vous et au diocèse une bonne année en ce sens.

Je vous souhaite donc une bonne année d’évêque, c’est-à-dire : Une année où votre cœur de père soit ouvert envers tous vos diocésains à l’image de celui qui s’est fait tout à tous pour nous révéler son amour et nous appeler des ténèbres à son admirable lumière. Une année où vous discernerez avec l’aide de l’Esprit les signes des temps et pourrez indiquer le cap ou plutôt la route à suivre (excusez-moi, mais, en Haute- Loire, la mer est un peu loin !) pour parvenir à bon port. Une année de bonne santé : c’est un don précieux du Seigneur pour bien le servir et servir nos frères. Vous très attentif à la bonne santé des uns et des autres, n’oubliez pas que « charité bien ordonnée commence par soi-même ».

Votre présence parmi nous depuis plus de 20 ans atteste de votre attachement au diocèse du Puy auquel vous avez tant donné de vous-même. Je terminerai mon propos en vous appliquant la phrase célèbre de Saint Augustin : « Avec vous, je suis baptisé ; pour vous je suis évêque ! » Monseigneur soyez notre évêque. Cela suffira, je crois, à vous et à nous pour vivre ensemble l’année 2009 comme « une année de grâce donnée par le Seigneur » et donc une bonne année.




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