Accueil du site > Diocèse > Rencontres > Voyage au Rwanda…

Voyage au Rwanda…

vendredi 13 juin 2008

Elles sont quatre filles, d’une vingtaine d’années : Véronique prépare un C.A.P. ébénisterie à Espaly, Clémentine un DUT métier du livre. Valérie est en deuxième année de Droit à Saint-Étienne et Lucie encore lycéenne, prépare un bac ES. Elles sont toutes très différentes, mais ont un grand projet en commun : un voyage humanitaire au Rwanda. Nous les avons rencontrées.

Vous êtes toutes les quatre bien différentes, qu’est-ce qui vous réunit, qui vous relie les unes aux autres ?

- Nous faisons partie des Scouts et Guides de France et nous avons commencé à cheminer ensemble il y a à peu près cinq ans, en équipe "Caravelle"
- Cette vie en équipe nous a appris plein de choses, tant au plan matériel que spirituel. On a expérimenté certaines valeurs humaines comme l’écoute, la solidarité, on sait qu’on peut compter les unes sur les autres. L’équipe, c’est un peu une école de la vie : elle nous rend sociable, on apprend à se contrôler, au sein de l’équipe d’abord et du coup ça se répercute dans toute notre vie. Ça fait un décalage par rapport à la routine. Si je devais arrêter, je sais que ça me manquerait.
- En 2004, les Guides et les Scouts ont fusionné. Nous sommes restées ensemble en équipe JEM.

Ce qui correspond à quoi ?

JEM veut dire « Jeunes En Mouvement ». C’est l’équivalent de la branche des Compagnons chez les Scouts, c’est-à-dire 17-21 ans. La particularité dans cette branche est que les équipes mènent des projets de solidarité en France ou à l’étranger, en lien avec une association partenaire. Nous avions vraiment envie de monter notre projet !

Alors, « monter un projet », cela consiste en quoi ?

- Il faut d’abord trouver une association ou un partenaire avec qui se mettre en lien et qui peut nous proposer une action. Comme je connaissais bien sœur Josette à Saint-Germain, nous avons choisi de partir au Rwanda.
- Après, il faut faire un budget complet, en essayant de ne rien oublier. Ça va des passeports, aux vaccinations à faire avant de partir, prévoir tout ce que nous devons emmener. Pour les passeports, par exemple, le Rwanda n’entretient plus de relations diplomatiques avec la France, nous devons donc passer par la Belgique, ce qui complique un peu ! Cela, c’est la préparation technique. - Et puis il faut aussi nous préparer "mentalement", à cause du génocide. On sait que les Français sont moyennement acceptés au Rwanda maintenant, donc nous devons vraiment nous renseigner sur le pays, son histoire, sa vie, sa culture, pour essayer au maximum de ne pas faire de bêtises.

Comment vous-y prenez-vous ?

- Nous recherchons des documents, des livres, nous consultons Internet… Nous cherchons à rencontrer des gens de là-bas qui vivent en France, et puis Sœur Josette nous aide beaucoup. Quand elle commence à parler du Rwanda, on ne peut plus l’arrêter !
- C’est par elle que nous avons trouvé notre lieu d’accueil. Nous serons accueillies par la communauté des Filles du Cœur de Marie. C’est une communauté internationale, implantée depuis longtemps au Rwanda. Elles vivent très près de la population avec comme mission d’aider les plus pauvres par un soutien moral, les soins et l’éducation.
- C’est donc chez elle que nous logerons, nous pourrons les accompagner dans leur mission sociale, et nous les aiderons dans un projet plus précis.

Quel est ce projet ?

- C’est un projet d’école secondaire à Gihara, à une quinzaine de kilomètres de la capitale Kigali. Les Sœurs aimeraient accueillir à terme 1000 élèves, après le primaire. Ce projet est ambitieux car il se trouve loin de toutes les infrastructures de base (eau, électricité, routes, téléphone). Mais il est important car il permettrait l’accès à l’enseignement secondaire aux enfants de la région de Gihara qui, pour le moment, ne disposent pas d’école de ce niveau.
- Il se peut que les Sœurs n’aient pas le financement nécessaire pour débuter le projet, dans ce cas, nous aiderons à rénover des salles de classe dans le primaire.

Ce voyage doit avoir un coût assez élevé, qui finance ?

- Nous finançons entièrement notre voyage. C’est ce qui nous mobilise depuis longtemps déjà. Nous avons fait quelques demandes de subvention et puis nous faisons des "extras". Par exemple, nous avons plié les cadeaux dans une grande surface au moment de Noël, nous avons ramassé des abricots, fait du débroussaillage chez des particuliers, des petits travaux de peinture… Nous répondons à toutes les demandes qui nous sont faites, dans la mesure de nos moyens, bien sûr !
- Actuellement, nous avons lancé une opération "carte postale" : nous nous engageons à envoyer une carte postale pendant notre sé jour, aux personnes qui le souhaitent, moyennant une participation de leur part. Nous cherchons le maximum de moyens pour arriver à la totalité du budget, qui s’élève à 9200 € au total.
- Pour le projet de l’école, ce n’est pas nous qui le finançons, bien sûr, notre contribution sera d’y participer concrètement. Mais nous avons quelques fonds, récoltés lors de "Bols de riz" ou autres actions, à donner aux Sœurs : nous n’arriverons quand même pas les mains vides.

Qu’est-ce qui est important pour vous ?

- Bien sûr, nous sommes heureuses de participer concrètement à un projet en faveur des plus pauvres, mais nous voulons aussi découvrir une culture différente de la nôtre pour essayer de mieux comprendre et pouvoir témoigner ensuite.
- En plus, il est très important pour nous de réaliser entièrement ce projet. En faisant cela, nous montrons que nous sommes capables de quelque chose de bien toutes seules.
- Nous voulons aussi rencontrer les gens, et faire un échange culturel. Nous sommes déjà en lien avec les Guides du Rwanda. Nous prendrons avec nous un album avec des photos d’ici pour montrer d’où nous venons, et partager au gré des rencontres.

Votre planning est-il prêt ?

- Nous avons dû faire un emploi du temps très précis pour les responsables du mouvement. Nous aurons d’ailleurs un contact régulier pendant tout le séjour. Donc, en arrivant, nous resterons deux ou trois jours à la capitale pour régler les petits problèmes administratifs, échanger l’argent, se présenter à l’ambassade de Belgique et puis s’acclimater un peu. Ce sera la saison sèche et les températures varieront en principe, entre 20 et 30°.
- Puis nous irons rejoindre les Sœurs à Gihara pendant deux semaines pour le "chantier" et la vie avec la communauté.
- Ensuite, nous avons aussi prévu quelques jours de tourisme dans les parcs naturels. On appelle le Rwanda "le pays des mille collines", ce serait dommage de ne pas en profiter un peu.

Avez-vous des appréhensions avant de partir ?

- Oui, on a quand même un peu peur. En tant que "blanches" et françaises, comment serons-nous accueillies par les gens du pays ?
- Moi, j’ai aussi peur de ramener une maladie et en ce sens, je suis rassurée par la présence d’un dispensaire pas loin.
- Mais d’autres groupes sont déjà partis et tout s’est bien passé, donc il n’y a pas de raison !

Le départ est prévu quand ?

Nous partons du 31 juillet au 29 août…

Alors, bon voyage !

Propos recueillis par Germaine Peyrache



© 2017 - Diocèse du Puy-en-Velay| Plan du site | Espace privé | Mentions légales |  RSS 2.0 Suivre la vie du site