L’image de l’arbre comme symbole de renouveau de la vie est un thème traditionnel païen qui se retrouve dans le monde antique et médiéval avant que ce symbole soit assimilé par le christianisme. 

Le pourquoi du comment : « D’où vient la tradition du sapin de Noël ? » vidéo réalisée KTO.

Comme la plupart des symboles de Noël, le sapin trouve ses origines dans les religions païennes qui ont précédé le christianisme.

Dans l’empire romain, la date du 25 décembre correspondait alors au solstice et marquait la fête de la divinité solaire Sol Invictus. Elle était elle-même précédée de la semaine des Saturnales, célébrant Saturne, dieu de l’agriculture pendant laquelle il était d’usage de s’échanger des cadeaux. Les Romains décoraient aussi pour l’occasion leurs maisons avec des branches de conifères.

Chez certains peuples germaniques et en Scandinavie, la période était celle de la fête de Yule. Dans la mythologie nordique, c’est le dieu Heimdall qui venait, dans la nuit, visiter chaque foyer humain, et laissait des cadeaux à ceux s’étant bien conduits durant l’année.

Au VIIIe siècle, saint Boniface de Mayence, «apôtre des Germains», aurait abattu d’un seul coup de hache un arbre sacré appelé «le chêne de Thor» en présence de nombreux païens, dans l’actuelle région allemande de la Hesse. Ces derniers se seraient aussitôt convertis, constatant que le dieu au marteau n’avait pas immédiatement envoyé la foudre en réponse.

Chez les chrétiens…

On attribue une première réappropriation chrétienne à Saint Colomban, moine irlandais ayant beaucoup voyagé en Gaule. Un soir de Noël, il aurait emmené quelques religieux du monastère de Luxeuil, fondé par lui au pied des Vosges en 590, au sommet d’une montagne. Là se trouvait un très vieux sapin, objet d’un culte païen. Chez les Celtes, l’épicéa était en effet considéré comme “l’arbre de l’enfantement”. Colomban et ses compagnons auraient alors accroché leurs lanternes aux branches de l’arbre, de manière à dessiner une croix lumineuse. Mais cette histoire, dont n’atteste aucun document de l’époque, semble légendaire.

Cette influence chrétienne se retrouve au Moyen Âge dans les mystères qui ont notamment pour décor un arbre de Noël (symbolisant l’arbre du paradis qui fait pour les chrétiens référence à la croix du Christ qui, par son incarnation, sauve l’humanité) garni de pommes rouges (elles représentent le fruit défendu ; devant la difficulté à trouver un pommier en hiver on aurait alors opté pour le sapin). L’arbre pouvait également être garni d’oublies (ils représentent les hosties de l’Eucharistie) et au sommet l’Étoile de Bethléem à partir du XIVeme siècle.

Une seconde mention à Sélestat, le 21 décembre 1521, dans un livre de compte de la ville fait mention d’une rémunération versée aux gardes forestiers : «Quatre schillings aux gardes forestiers pour surveiller les mais à partir de la Saint Thomas». On payait donc les garde-forestiers pour empêcher l’abattage sauvage des «mais» (de l’alémanique meyen, «arbres festifs»). La Saint Thomas, il se fêtait alors le 21 décembre.

La ville de Riga, capitale de la Lettonie, revendique elle aussi, très officiellement, la paternité du premier sapin de Noël. Il aurait été installé en 1510, par une guilde de marchands. D’abord destiné à être brûlé pour le solstice, il aurait finalement été préservé, décoré et érigé sur la place du marché de la ville pour célébrer Noël. Aujourd’hui encore, une dalle de pierre en signale l’emplacement.

L’arbre de Noël devient une tradition profondément enracinée en Allemagne qu’à partir du XIXè siècle (aussi bien dans les familles protestantes que catholiques), des colons allemands l’ayant exporté en Amérique du Nord au début du XVIIè siècle. Il est à la même période progressivement adopté par la noblesse européenne : la princesse Henriette de Nassau-Weilbourg introduit l’arbre de Noël à la Cour de Vienne en 1816 .

En France, c’est la duchesse d’Orléans d’origine allemande, bru du roi Louis-Philippe puis princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin, l’aurait introduit à la Cour de France en 1837 et popularisé cette coutume germanique dans la bourgeoisie française à la mode, qui redécouvrait dans le même temps les vertus du « cercle de famille ».

En Angleterre, c’est le mari de la reine Victoria, le prince Albert de Saxe-Cobourg Gotha, lui aussi né en Allemagne, qui a importé cette tradition dans les années 1840. Des illustrations de journaux de l’époque représentent ainsi la famille royale devant un arbre de Noël richement décoré.

Cultivons la féérie des fêtes de la lumière avec la crèche et le sapin, qui serviront à rappeler et faire comprendre les symboles de la foi, quand petits et grands sont rassemblés.