Retour en images sur les Fêtes mariales au Puy-en-Velay. Deux jours de joie, de prière, de rencontres et de fraternité autour de Marie. Merci à chacun pour ces beaux moments partagés, pour les sourires, les chants, les temps de prière et toutes ces rencontres qui ont fait de ces Fêtes mariales un moment fort et inoubliable. Que ces Fêtes mariales portent encore du fruit dans nos cœurs et nous accompagnent sur nos chemins de foi.
Retour en images sur ces deux journées de grâce et de fraternité.





















Homélie de Mgr Guillaud pour l'Assomption de la Vierge Marie
Chaque année, la liturgie nous propose l’évangile de la Visitation de Marie à Elisabeth. Parce qu’il n’y a pas d’attestation dans les Ecritures d’une élévation au ciel de Marie comme l’Ascension de Jésus ; mais peut-être aussi parce que cet épisode exprime bien en quoi Marie vivait déjà, dès son existence terrestre, de la vie du Royaume ; et donc - si je puis dire - qu’il n’en fallait pas beaucoup plus pour qu’elle entre directement dans la gloire du Ciel !
Peut-être pourrait-on se permettre de rassembler en trois mots la posture spirituelle de la Vierge Marie : Cœur, Joie et Fiat.
CŒUR : Le troisième évangile nous dit à deux reprises (Lc 2, 19 & 2,51) que "Marie rassemblait (ou méditait) tous ces événements dans son cœur". Expression ramassée pour nous dire la qualité d’intériorité de la Sainte Vierge. Appel à ne pas rester à la surface des choses, voir dans les événements la présence du Seigneur à nos vies. Comme s’il nous fallait avoir la qualité de cœur de Marie pour aller au cœur de Jésus.
JOIE : Elle s’exprime ici tant dans l’empressement allègre de Marie pour aller de Nazareth à Aïn Karem que dans l’exultation de son chant. Ce qui me frappe ici n’est pas tant le motif initial de sa joie que la manière dont elle devient une joie qui demeure. Elle est heureuse bien sûr d’être appelée par Dieu à être mère de son Fils ; de la confirmation exprimée dans le tressaillement du fils d’Elisabeth ; et de la communion qui s’établit avec Elisabeth. Mais cette joie événementielle se mue en joie existentielle. En capacité à contempler Dieu à l’heure dans l’histoire et à s’en émerveiller. Là aussi, c’est un bel appel pour nous : être des chercheurs d’or, développer notre capacité à contempler et nous réjouir de l’œuvre de Dieu dans la vie et l’histoire. Le Bienheureux Pierre Claverie, évêque d’Oran, disait que l’espérance ne consiste pas à attendre que tout aille mieux, mais à croire que Dieu est déjà à l’œuvre parmi nous.
FIAT : Par deux fois dans le second testament, Marie exprime de manière ferme, explicite, sa disponibilité active à ce que la volonté du Seigneur se fasse, son engagement de fond, sa décision, son invitation : lors de la visite de l’ange à Nazareth, et du mariage à Cana : "Faites tout ce qu’il vous dira". Que la volonté de Dieu se fasse en moi… et en vous. Vivre une foi en actes.
La Visitation de Marie à Elisabeth apparaît comme le paradigme de la mission (chez plusieurs auteurs comme saint Charles de Foucauld ou le Bienheureux Christian de Chergé) :
- Elle naît d’une joie initiale : Marie court, se rend avec empressement auprès de sa cousine. Qui d’autre court dans l’évangile ? Marie-Madeleine pour annoncer la résurrection aux apôtres, Jean pour constater que le tombeau est bien vide ! La mission naît de la joie d’une expérience personnelle.
- Elle comporte une part d’inconnu : comment partager à Elisabeth ce que m’a dit l’ange à Nazareth ? Quelles sont ses propres dispositions, à elle aussi qui vit un événement extraordinaire et ne sait pas que je suis au courant ! Va-t-elle me croire ? Je ne peux pourtant taire cette joie ! Nous aussi partageons ce type de questionnement, sur les possibilités et les modalités de partager notre joie, et sur ce qui habite l’autre, sa part de mystère et d’ouverture au Mystère.
- La confiance en l’Esprit : c’est lui le protagoniste. Elisabeth à son tour est remplie de l’Esprit Saint. Par la docilité de chacune à l’Esprit, elles se rejoignent par les profondeurs.
Dans les avions d’Air Algérie, sur les écrans en cabine, apparaît régulièrement une boussole qui indique… la direction de La Mecque. Utilité pratique pour s’orienter pour la prière musulmane. Mais interpellation intéressante pour tous : quelle est notre boussole ? Marie pourrait être considérée comme notre boussole intérieure, celle qui nous oriente vers le Christ ; par sa posture spirituelle, et par la dynamique missionnaire qu’elle nous suggère. Elle nous tourne vers la Source jaillie du Cœur de Jésus. C’est la voie du Royaume, la même que celle du Ciel.
Ô Marie, alors que nous célébrons ton "Assomption", ton entrée dans la gloire du Ciel, oriente notre marche, nous qui sommes encore en chemin. Notre cœur connaît les mêmes aspirations que le tien. Ta bienveillance maternelle saura accompagner ceux que ton Fils t’a confiés et qui aujourd’hui se confient en toi.
Amen.
+ Michel Guillaud
Ecouter le message de Monseigneur Michel Guillaud et de notre Evêque Monseigneur Yves Baumgarten sur les marches de la Cathédrale à la fin de la procession du 15 août :