Trois nouveaux pénitents, un même chemin : celui de la Croix, de la foi et du service. 

Au Puy-en-Velay, la tradition ne se contente pas de se souvenir : elle se reçoit, se vit et se transmet. Ce dimanche 13 septembre, en la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, la Confrérie des Pénitents Blancs du Puy-en-Velay, fondée en 1584, a vécu l’un de ces moments où plusieurs siècles d’histoire semblent soudain prendre chair.

Dans l’intimité recueillie de la chapelle des Pénitents, rue Saint-Mayol, trois nouveaux membres, Lorena, Patrice et Pierre-Olivier, ont été reçus comme confrères après une année de noviciat. Une entrée qui n’est pas un simple passage de témoin. Elle est un engagement. Une tradition qui n’a rien d’un folklore.

Recevoir un habit, c’est accepter un chemin

Cet habit n’est pas un simple vêtement de cérémonie. Il est une parole silencieuse.

Présidée par le Père Jean-Loïc Ollu, Recteur de la cathédrale, accompagné du Vice-Recteur, la célébration a trouvé son moment central dans l’engagement des trois nouveaux pénitents.

Devant Dieu, devant l’Église et devant leurs frères et sœurs en confrérie, Lorena, Patrice et Pierre-Olivier ont prononcé leur serment de fidélité. Par cette parole donnée, ils ne rejoignent pas seulement une institution vieille de plus de quatre siècles. Ils s’inscrivent dans une histoire spirituelle faite de prière, de fraternité, de pénitence et de service.

Puis vint le temps de l’habit.

Avec l’aide de leurs parrains et marraine, les nouveaux pénitents ont revêtu l’aube et la cape blanches. Le blanc rappelle la pureté baptismale, cette vie nouvelle reçue au baptême. Mais il rappelle aussi une réalité plus grave et plus profondément humaine : l’aube du pénitent deviendra un jour son linceul.

Le cordon ou la médaille de Notre-Dame du Puy est venu rappeler leur attachement à la Vierge Marie, si profondément liée à l’histoire spirituelle du Puy-en-Velay. Il exprime une confiance filiale et une fidélité à celle que les chrétiens invoquent comme leur Mère et leur guide vers le Christ.

La cagoule ou la mantille, enfin, exprime la modestie et l’humilité car le pénitent n’est pas là pour être regardé. Il est là pour prier, servir et s’effacer. « S’effacer pour laisser la place à Dieu ». 

C’est peut-être tout le sens de cette tenue blanche : derrière l’habit, les différences sociales, professionnelles ou personnelles s’effacent. Tous deviennent simplement des frères et des sœurs réunis autour d’une même foi et d’une même vocation au service.

Quand la prière devient chant

Le Veni Creator, interprété par le chœur de musique sacrée de la cathédrale et repris par l’assemblée, a accompagné cette entrée dans la confrérie. Après la cérémonie, les Pénitents Blancs ont rejoint en procession la cathédrale afin de participer à la messe dominicale, célébrée par le Père Jean-Loïc Ollu, en présence de la Sainte Relique de la Vraie Croix.

Trois nouveaux pénitents ont ainsi franchi le seuil de la confrérie.

Trois parcours différents, trois histoires personnelles, mais désormais un même chemin : celui de la Croix, de la foi, de la fraternité et du service. Un chemin reçu de ceux qui les ont précédés, vécu aujourd’hui, et qu’à leur tour ils auront la mission de transmettre.