1935-2020

Né le 28 janvier 1935 à Saint Hilaire, Daniel Roche a été ordonné le 29 juin 1959.

D’abord étudiant à Clermont, puis à Paris, il a ensuite été nommé professeur à Brioude avant de devenir curé de Fontannes le 16 juin 1978. Envoyé à Rome pour études le 29 juin 1984, il devient professeur au Grand Séminaire le 30 octobre 1986.

En 1990 il est envoyé à Langeac pour renforcer l’équipe sacerdotale et y restera jusqu’à mars 1999 où il devient bibliothécaire du Grand Séminaire ainsi qu’aumônier de la maison de convalescence de Jalavoux.

Auxiliaire à Saint Julien-Chapteuil à partir de septembre 1999, puis aumônier des sœurs de l’hôpital Sainte Marie en novembre 2006, il était retiré à la maison Nazareth depuis le 4 juin 2014. Il est décédé le vendredi 16 octobre en milieu de journée.

Ses obsèques ont été célébrées le mardi 20 octobre 2020 à 15h en la basilique Saint-Julien de Brioude suivies de l’inhumation au cimetière de Saint-Hilaire.

Homélie de P. Pierre Vialla

Citations : 1 Thessaloniciens 4, 13-18 / Psaume 41 / Jean 19

“Il ne faut pas que vous soyez abattus ” nous disait Saint Paul.

Je me souviens d’un temps, à Langeac, où Daniel avait été submergé par sa maladie. Il était “abattu”, réduit à l’impuissance. Il ne fallait rien dire pour le secouer ou l’aider à se relever. “Ne sois pas abattu” était la phrase à ne pas dire; Daniel avançait comme dans la nuit obscure d’un tunnel durant de longs jours, de longues semaines. Mais il savait que le traitement prescrit par le médecin ferait effet un jour… Une petite lueur d’espérance. Une lumière au bout du tunnel. Et il a refait surface.

A y regarder de plus près, Saint Paul ne se contente pas de nous dire “ne soyez pas abattus”… il a ajouté “comme les autres qui n’ont pas d’espérance”. On peut être abattus, oui, mais en gardant l’espérance. Chrétiens, nous avons une espérance au-delà du Passage, de la Pâque de la mort. Ce n’est pas seulement un Paradis où seraient possibles tous les plaisirs de la vie d’ici-bas multipliés par l’infini de Dieu. Notre espérance c’est quelqu’un. “Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité. Au-delà de la mort, notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ nous emmènera avec Lui. Notre grand frère Jésus, premier né d’entre les morts, nous prendra par la main et alors “nous serons pour toujours avec le Seigneur”.

Prêtre, Daniel a voulu donner sa vie à Jésus pour le service de l’Evangile. Nous espérons qu’il est avec Jésus le bien aimé, Celui qui nous fait entrer dans le bonheur de la vie d’Amour de la Trinité Sainte. L’Espérance c’est d’aller vers le Père avec Jésus. Et si Daniel est encore dans la pénombre du tunnel de Purgatoire il voir la lumière éclatante qui l’envahira bientôt de bonheur.

Dès ici-bas nous pouvons dire, chanter… crier “Mon âme a soif du Dieu vivant, quand le verrai-je face à face ?” Le désir du ciel c’est le désir d’être avec Dieu. Et ce soir nous sommes déjà avec Dieu. “J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu, vers Dieu qui est toute ma joie”. Jeune prêtre, Daniel a célébré dans l’ancien rite et il a dit : “Introïbo ad altare Dei, ad Deum qui laetificat juventutem meam“, “J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu, vers Dieu qui réjouit ma jeunesse”. L’autel de l’Eucharistie, c’est là que nous rencontrons le Seigneur réellement. Au cœur de la messe, quand Jésus se donne, “Ceci est mon corps”, “Ceci est la coupe de mon sang”… nous sommes dans le mystère pascal qui nous introduit au Paradis. Nous sommes déjà au ciel mais nous ne le voyons pas. Après la mort nous pourrons voir face à face notre Sauveur et notre Dieu…

Au cœur de la messe, en vivant le mystère pascal, nous sommes dans la lumière de Pâques et aussi au pied de la croix. Saint Jean nous dit qu’au pied de la croix se tenait sa mère, ou plutôt se tenait debout, “stabat mater”. C’est dans la passion du Christ que Marie nous est donnée comme mère. “Voici ta mère” dit Jésus sur la croix. Marie devient la mère de tous au moment où Jésus va mourir. Marie est notre mère aussi quand nous mourons. “Priez pour nous, pauvres pécheurs maintenant et à l’heure de notre mort” ! Elle nous fait entrer dans le mystère de son Fils ressuscité.

En saint Luc, sur la croix Jésus dit aussi : “En tes mains Seigneur je remets mon esprit”. A partir de là Charles de Foucauld développe une longue méditation. A l’époque, il était jeune moine en Syrie. De cette longue, trop longue méditation, ses disciples ont tiré des phrases pour faire “la prière d’abandon”. Daniel la récitait souvent. Nous l’avons récité ensemble. Il est difficile de faire rentrer totalement cette prière d’abandon dans nos vies. Finalement, seul Jésus peut la réciter en vérité. Prêtons à Jésus nos lèvres pour qu’Il la dise Lui-même à son Père :

Mon Père je m’abandonne à Toi,
Fais de moi ce qu’il Te plaira.
Quoi que tu fasses de moi, je Te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout.

Pourvu que Ta volonté se fasse en moi, en toutes Tes créatures.
Je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre Tes mains.
Je Te la donne mon Dieu avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je T’aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,
de me remettre entre Tes mains sans mesure,
avec une infinie confiance car Tu es mon Père.
Car Tu es mon Père,

Amen.