Le Père Jean-Louis GRANGER s’est éteint le 1er novembre 2019, jour de Toussaint.

Né à Lagnieu (01), le 27 mai 1947, il a été ordonné le 24 juin 1973.

Nommé vicaire au Monastier le 13 juillet suivant, il fut curé des Estables et de Freycenet-Lacuche à partir du 8 octobre 1982, ainsi que de Présailles le 29 octobre 1993. Le 19 octobre 2007, il devint coopérateur sur ces paroisses dans l’ensemble paroissial du Monastier.

Il était retiré au Monastier depuis 2009.

Ses obsèques ont été célébrées le mercredi 6 novembre à 15h en l’église de Monistrol.

Une messe a été célébrée pour lui dès le mercredi matin à 10h en l’église du Monastier.

Présentation de la vie de Jean Louis Granger

Jean Louis est né  dans le département de l’Ain, il était le 2ème dans une famille de 5 enfants, sa famille vient habiter à Monistrol-sur-Loire, c’est au collège d’Yssingeaux qu’il est scolarisé.

Pendant plusieurs années, il anime le patronage de Monistrol-sur-Loire. Il entre au séminaire du Puy pour se préparer à devenir prêtre, il est ordonné le 24 juin 1973 dans cette église de Monistrol. Il est nommé vicaire au Monastier le 13 juillet 1973. Il s’est occupé des enfants et de jeunes organisant des camps. Ensuite il est nommé curé des Estables et de Freycenet-Lacuche et quelques années plus tard de Présailles et Freycenet-Latour.
Il crée des liens avec la Lituanie pour aider ce pays à se développer, au niveau des écoles et des orphelinats. Il organise de nombreux voyages avec ce pays, ainsi les jeunes de la Lituanie et de la Haute-Loire peuvent se rencontrer et tisser des liens. Jean Louis s’investira dans les communes autour du Monastier. Avec le Père Félix Liotard, ils soutiendront les agriculteurs à s’installer au pays. Il fera des montages audiovisuels pour faire connaitre la région.  Pendant de nombreuses années, il sera gardien dans l’équipe de foot du Monastier. Il aimait chanter et jouer de la guitare. C’est avec cet instrument de musique qu’il animait parfois les messes. Il aimait aussi faire du vélo, du ski et de la photo. Il a été chauffeur de car pour les ramassages scolaires mais aussi pour les voyages. Dans ses loisirs il aimait faire quelques tours de magie. Jean-Louis était une personne simple qui aimait bien dialoguer avec les gens. Ces dernières années, il a rendu quelques services religieux à l’ensemble paroissial d’Yssingeaux.
Nous savons qu’il  a été éprouvé dans sa santé, il a fait preuve d’un grand courage, il ne se plaignait pas il a été bien soutenu par sa famille et ses amis qui venait lui rendre visite. Il s’est investi dans le pèlerinage à Lourdes Cancer-espérance et était présent à plusieurs pèlerinages. Depuis plusieurs mois, il a du entrer à la maison de convalescence des Melleyrines pour être accompagné dans ses épreuves de santé. Il s’est senti bien accueilli et bien soutenu par tout le personnel de cette maison : médecins, infirmières et personnels de service. Du 17 septembre au 22 septembre, il a participé au pèlerinage Cancer Espérance à Lourdes. Ce pèlerinage a été pour lui, un grand réconfort. Auprès de la Vierge Marie et à la rencontre des nombreux malades, il a retrouvé une certaine sérénité et paix.
En cette après-midi de la Toussaint,  Jean-Louis a entendu le Texte des béatitudes, il a communié. Il est décédé quelques minutes plus tard en présence de sa sœur et de son beau-frère. Aujourd’hui, nous sommes réunis pour faire mémoire de sa vie et surtout  pour prier pour lui, afin que le Seigneur le reçoive dans la demeure céleste.

Homélie de Jean Louis Granger

Que ta volonté soit faite. “Jésus nous a laissé sa propre prière”. Ma nourriture, dit-il encore, c’est de faire la volonté du Père ; ma nourriture, c’est à dire ce qui me fait vivre, ce qui est le moteur et le but de ma vie.                              

“Je suis descendu du ciel, ajoute Jésus, non pas pour faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé…”

La volonté de Dieu, nous la redoutons parfois, car traîne au fond de nous cette peur ancestrale que Dieu va nous indiquer des chemins qui ne nous rendront pas forcément heureux et qu’il est cet être tout puissant, exigeant, jamais ne satisfait. Notre imaginaire alimenté par les vieilles images de notre éducation et par une manière païenne de considérer Dieu nous trompe et nous égare.

Jean Louis a entendu l’appel à être prêtre. Aidé par ses éducateurs et ses formateurs, il a discerné que le Seigneur l’appelait à une vie au service de ses frères dans le sacerdoce. L’Eglise a confirmé cette mission en l’ordonnant prêtre, ici, à Monistrol, en 1973.

Le Seigneur appelle toujours des êtres concrets, qui ont une histoire familiale, sociale, des hommes et des femmes qui ont des dons, des qualités, mais aussi des limites ; des humains capables de faire le bien, mais aussi de commettre des erreurs, des fautes, des péchés. L’apôtre Paul a bien résumé notre condition humaine par cette formule concise : “je ne fais pas le bien que je voudrais et je fais le mal que je ne voudrais pas”. Le pape François rappelle souvent que Dieu lui a fait miséricorde et qu’il est un pécheur pardonné.

Le prêtre vit à une époque déterminée de l’histoire de l’humanité et de l’Eglise. Il est façonné par sa formation et par l’air du temps. Nous voulions faire la volonté de Dieu en partageant  la vie des hommes, en nous faisant le plus possible proches d’eux. Nous désirions parler de Dieu non par nos  paroles mais par notre manière de vivre et être un peu comme le levain dans la pâte ou quelques petits grains de sel qui donnent saveur aux aliments. Jean Louis a vécu ce partage de la vie des personnes d’abord au Monastier, puis ensuite aux Estables et dans les paroisses de la montagne. Lui, le bon mécanicien aimait conduire. Il a donc travaillé comme chauffeur de car pour gagner sa vie et se faire proche des scolaires et des adultes. 46 années de présence où il a partagé le simple quotidien, les joies et les peines de la vie. Des personnes lui ont reconnu cette facilité de contact et d’attention à tous.

Dans ce même d’esprit, comment de ne pas citer la Lituanie, si chère à son cœur, sa seconde patrie ! Pendant 20 ans, il a mobilisé grands jeunes et adultes pour apporter du matériel et le nécessaire vital pour orphelinats, hôpitaux, dispensaires, salles de classe… A cause de Jésus et de l’évangile, il a aimé “non par des paroles et des discours mais en actes et en vérité”. A cause de Jésus et de l’évangile, il a servi et rencontré le Seigneur  dans les personnes qui se trouvaient  dans le besoin: “J’avais faim et tu m’as donné à manger. J’étais malade, tu es venu me visiter et me secourir”.                                         

La volonté du Père nous assure encore Jésus, “c’est que celui qui voit le Fils et croit en Lui ait la vie éternelle”. Jean Louis avait mis sa foi dans le Christ mort et ressuscité qui nous sauve de la  mort définitive. Il a annoncé Jésus ressuscité, a témoigné de la foi et de l’espérance chrétienne et a accompagné de nombreuses familles en deuil. Ces dernières heures, des anciens paroissiens me disaient qu’il savait parler simplement, et une autre personne ajoutait que si elle était chrétienne aujourd’hui, c’est parce que des paroles de Jean-Louis l’avait touchée.

Personne ne se sauve par ses mérites et ses bons points accumulés au cours d’une existence ! C’est la foi dans le Christ Jésus qui nous sauve. En effet, “il n’y a pas d’autre nom sous le ciel par lequel nous puissions être sauvés”!

Jean-Louis qui a beaucoup roulé en voiture, en car, en vélo et parfois glissé en ski est arrivé maintenant au terme de sa route terrestre. Ces différents pèlerinages à Lourdes, notamment avec Cancer Espérance, les deux dernières années de maladie lui ont rappelé l’évidence et la certitude que nous sommes des pèlerins sur cette terre. Lors de son dernier et très récent pèlerinage, le Seigneur et Marie lui ont fait l’immense cadeau d’une grande sérénité et d’une profonde paix du cœur.

Lui, dont le retard pour les célébrations était habituel, est parti, cette fois-ci, très tôt et rapidement pour son dernier voyage. En fin d’après-midi de Toussaint, après avoir, avec le Père Maurice, écouté l’évangile des Béatitudes et communié au Corps du Christ mort et ressuscité, il a quitté rapidement cette terre, accompagné de sa sœur et de son beau-frère, pour aller, selon ses propres termes, « voir le Père et Marie ».

Lui, Jean-Louis, qui avait les poches percées, part riche d’un trésor que personne ne peut ni voler, ni encore moins détruire. Ce trésor est constitué de tous les gestes d’amitié, de service, d’accueil de l’autre, de partage qu’il a posé, à sa manière à lui, parfois surprenante pour nous, au cours de son existence. Des paroissiens rappelaient qu’ils voyaient, lorsqu’il donnait la communion, avec des mains pourtant bien lavées des traces laissées par le dernier dépannage soit de sa voiture, soit de son car, soit de la voiture d’une autre personne. Aujourd’hui, il se présente devant le Seigneur, comme moi, comme beaucoup de personnes avec les mains un peu sales…. Mais nous savons, nous chrétiens, que le premier en paradis après Jésus est un malfaiteur, un bandit repenti, sauvé dans les dernières minutes de son match terrestre, ou comme l’on dit en termes sportifs dans le temps additionnel.

En terminant, je vous invite à graver précieusement dans votre mémoire et au plus profond de votre être, la dernière parole de la première lecture que nous venons d’entendre : “Même si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît toutes choses.”

Dans l’espérance, nous continuons à prier pour Jean-Louis, afin qu’après l’étape d’une bonne douche intérieure que le Seigneur lui offrira, il puisse reprendre la guitare pour accompagner la louange ininterrompue des anges et des saints….
Lui, le spécialiste de la photo et des montages pour égayer les longues soirées d’hiver de la montagne, n’a plus besoin d’appareil pour capter toutes les beautés de la planète, car lorsque le Seigneur lui aura “ouvert les yeux aux merveilles de son amour”, il va pouvoir contempler le monde et chaque être vivant dans la lumière de Dieu.
Amen