Le Père Philippe Vacher est décédé le 17 juillet 2021. Né à Tence le 8 novembre 1930, il fut ordonné le 28 juin 1958. D’abord surveillant au collège du Sacré-Cœur à Yssingeaux, il devint vicaire à Blesle en septembre 1960. Nommé ensuite successivement vicaire à Dunières, le 30 août 1963 puis à St Didier-en-Velay le 13 septembre 1968, il fut aumônier de zone de l’Action catholique des enfants à partir de septembre 1971. Aumônier diocésain ACE-MEJ-UCPCV à partir de juillet 1974, il devint aumônier ACE du monde rural le 26 septembre 1980, tout en ayant en charge la paroisse de St Beauzire. Curé de Paulhaguet à partir du 10 juillet 1987, nommé délégué à l’Apostolat des laïcs et aumônier CMR le 21 juin 1991, il devint curé du Monastier le 2 août 1996 puis de Riotord le 16 juillet 1999. Prêtre coopérateur sur l’ensemble paroissial Sainte-Bernadette-en-Emblavez à partir du 1er août 2005, il était retiré à la maison de retraite Notre-Dame de Beaulieu depuis septembre 2016.

Ses obsèques ont été célébrées le mercredi 21 juillet en l’église de Tence.

Mot de présentation par Père Jean-Pierre ABRIAL

Cher Philippe, le Seigneur notre Dieu nous rassemble autour de toi, dans cette église de ton enfance, nous, les membres de ta famille, tes amis, tes confrères prêtres et des paroissiens de Tence et des environs, de l’Emblavez et d’ailleurs, pour te rendre hommage et te confier à Dieu, en cette célébration de ton départ vers lui.

Nous voulons tout d’abord exprimer à Dieu notre reconnaissance pour le long parcours de vie qu’il t’a donné de mener depuis ta naissance, ici à Tence en 1930, jusqu’à samedi dernier où tu as quitté cette vie sur terre pour entrer définitivement dans sa demeure éternelle.

Nous remercions Dieu pour ton ministère de prêtre. Tout jeune, tu as perçu son appel au sacerdoce, que tu as affiné pendant ta formation au séminaire du Puy et  tu l’as mis en œuvre au long de ton ministère sacerdotal  qu’après ton ordination en 1958, tu as exercé dans une douzaine de postes à travers le diocèse.

Nous remercions Dieu pour les liens affectifs que tu as entretenus avec ta famille et pour les relations amicales que tu as nouées avec les paroissiens dont tu as eu la charge pastorale et particulièrement avec les personnes âgées et les familles éprouvées.

Nous remercions Dieu pour ton engagement au Prado, que tu as célébré en même temps que moi, en 1993, et pour ta participation régulière aux différentes rencontres de cet institut, dont les deux orientations principales sont, selon les mots de son fondateur Antoine Chevrier, l’étude de Jésus-Christ et l’attention aux pauvres.

Nous remercions encore Dieu tout particulièrement pour tout le travail que tu as effectué à l’éducation des enfants sur les plans humain, social, spirituel et naturel, dans le cadre de l’Action Catholique des Enfants, afin de leur permettre d’acquérir un esprit responsable et participatif,  en les initiant à cette triple dimension : « l’entre eux », « le par eux » et « le pour eux ». L’A.C.E., c’est, je crois, le plus grand chantier qui a marqué ton ministère de prêtre.  L’A.C.E. a été ta passion ; elle a, notamment, été concrétisée par la mise en place du camp des Copains du monde, qui a démarré, me semble-t-il, en 1975, et qui est en train de se dérouler ces jours-ci à La Chaise-Dieu. Par ailleurs, tu as aussi été aumônier diocésain  du Mouvement Eucharistique des Jeunes, du mouvement des Chrétiens en Monde Rural et de l’Union Catholique des Patronages et des Centres de Vacances.

Merci à Dieu, Philippe, pour le témoignage de vie sacerdotale que tu nous laisses, pour ton énergie et ton dynamisme, pour tes qualités de cœur et ton esprit fervent, pour ton attrait manuel et ta recherche spirituelle.

Philippe, nous te disons « A Dieu ».
Repose en paix auprès de lui !

Père Jean-Pierre Abrial

Homélie par Père Emmanuel DURSAPT

C’est votre oncle, Tonton Philippe, c’est un ami, pour nous c’est un frère, prêtre, qui s’en va… la disparition de ceux que nous aimons a, je crois, toujours les mêmes effets sur nous.

Bien sûr on dira « Philippe a eu une belle vie, une longue vie » (il était dans sa 91ème année). C’est beau cela, rendons grâce !

Il n’empêche que vous n’êtes pas venus dans cette église l’accompagner et accompagner les siens de façon indifférente. Nous sommes touchés par sa disparition, peinés, en souffrance, différente pour les uns et pour les autres.

Ses très proches ont les souvenirs propres à leur jeunesse, pour nous autres c’est une parole, une anecdote … c’est quand même un sacré truc la mort… qui nous place devant la réalité de ce qui disparait à nos yeux, la réalité de notre propre finitude aussi qui devrait nous aider à relativiser bien des aspects secondaires dans l’existence…

Et voilà que les rayons du soleil de Dieu viennent nous rejoindre dans la nuit.

D’abord parce que nous pouvons suivre les empreintes de Dieu dans une vie presqu’aussi facilement que nous suivons celles d’un homme dans la neige. Dieu ne manque jamais de laisser des signes concrets de sa Présence. Dieu a appelé Philippe à Le suivre comme prêtre. Qu’allons-nous retrouver de Sa Présence lumineuse dans la vie de celui qui a désiré Le servir ? En posant la question à ses nièces samedi après-midi, elles ont ressaisi 3 dimensions qui me semblent bien parler de lui :

  • Un homme qui déployait sa passion pour la mission de façon spécifique : ceux et celles qui l’ont connu il y a 40 – 50 ans se souviennent combien il aimait organiser et participer aux camps d’été pour lesquels il savait manifester une énergie remarquable ;
  • Un homme qui à la fois répondait volontiers aux invitations tout en cultivant une grande discrétion ;
  • Un homme d’une grande modestie, sans artifice.

Et avec cela, nous oserons dire sans gêne aucune, cher Philippe, que comme chacun et chacune d’entre nous (moi le premier), tu avais tes limites : c’est aussi pour cela que nous sommes là… parce que nous croyons à la miséricorde, parce nous en avons besoin.

Et cependant c’est encore trop peu que de se retourner sur une vie dont le livre vient de se refermer pour parler de Dieu dans cette histoire. S’il y a le cierge pascal là, tout près du cercueil de Philippe, c’est parce que le Christ est ressuscité d’entre les morts. A ce titre, tous ceux et celles qui partagent cette Foi sont apaisés par cette Présence : Il est là, mystérieusement présent au milieu de nous.

A ce titre, Philippe n’est pas un souvenir ; invisible certes, mais non absent, présent autrement, c’est ce que nous proclamons chaque fois que nous disons « je crois en la communions des saints ». C’est cette Foi qui nous permet de dire : « Seigneur, accueille Philippe ! Accueille-le dans Ta paix, accueille le dans Ta joie, accueille le dans Ta lumière ! »

C’est que, mes Amis, ça, ça change tout !

La Foi transforme tout ce qu’elle touche jusque dans notre relation avec ceux et celles qui ne sont plus là.

Cher Philippe, nous prions pour toi et nous avons la ferme Espérance que nous prions aussi avec toi ! Amen.